A comme Auray

C’est à Auray, une ville située dans le département du Morbihan, en Région Bretagne, que commence notre voyage. Pour cette première étape de notre Challenge, J’ai décidé d’y déposer mes valises, comme l’a fait Joachim Sévéno, mon sosa 200, en 1820. Plusieurs générations successives y sont nées, s’y sont mariées, y ont vécu des joies et des peines et y ont fini leur vie.

Pour simplifier, la ville d’Auray est coupée en 2 quartiers par le Loc’h ou la rivière d’Auray. D’un côté, sur la rive Ouest, la ville haute surplombe la rivière d’Auray; c’est le quartier de Saint-Gildas et de l’autre côté, à l’Est de la rivière, se trouve le port et la quartier de Saint-Goustan. Le port peut recevoir des bateaux de faible tonnage qui remontent la rivière d’Auray à la faveur de la marée. La rivière rejoint le golfe du Morbihan. L’histoire d’Auray remonte au Moyen Âge, lorsque les Ducs de Bretagne élurent ce site, abrité des vents, niché dans une ria du Golfe pour bâtir un port, un pont et un château.

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Vue panoramique du pont et du port de Saint-Goustan  

A Saint-Gildas, dans la ville haute, se trouvent les édifices publics et toute l’animation commerciale. C’est là, dans ce quartier autour de l’Hôtel de ville et notamment rue du Lait, que se sont installés les Sévéno, maîtres tailleurs. D’abord Joachim, né à Ploumergat, à quelques kilomètres de là, et arrivé à Auray vers 1820. Il se marie en 1821 avec Marie Fidèle Sochu, une Alréenne (habitante d’ Auray); puis leur fils, Augustin, né à Auray en 1822, Tailleur d’habits également; puis Augustin le petit fils, né en 1847, qui lui sera peintre en bâtiments et en décor, qui habite rue du Sablen puis rue du lait en 1881. Et enfin, Marie Dosithée Sévéno, négociante, née en 1872 dans cette ville.

Rue du LaitAvantAprès
La rue du Lait, où demeuraient mes ancêtres. En 2017, aucune maison de la rue du Lait n’est classée ou inscrite au patrimoine, car le recouvrement des façades par des enduits a été prétexte à la réalisation de faux appareillages de pierres préjudiciables à leur conservation.

Entre 1820 et 1900, la période qui nous intéresse c’est une ville très florissante économiquement. La population passe de 3396 habitants en 1822, à 6485 en 1900. Le quartier Saint-Gildas abrite un grand nombre de maisons en bois à pignon sur rue et à étage, qui se compose de vieilles poutres à peine équarries peintes d’un rouge sombre et servant de support à des barasseaux de paille et de torchis. Le rez-de-chaussée est le plus souvent sombre, en pierres de taille, qui ne reçoit le jour que de la porte d’entrée. Au premier étage, des fenêtres irrégulières, garnies de carreaux larges comme la main, des niches avec des statues de plâtre grossièrement enluminées, des enseignes naïves grinçantes, des longs toits en ardoise surmonté de quelque animal fantastique en fer blanc donnent à la ville un aspect moyenâgeux.

Jeunes et vieux parlent en bas-bretons, le français étant considéré comme  une langue savante. Les marchands étalent leur marchandise jusque que dans le milieu de la rue. Une pile de drap, un baril de lard, du savon rouge et noir, tout se confond dans un fourre-tout pittoresque.

Dans la ville basse, le petit port de Saint-Goustan fait un commerce de cabotage avec Vannes, Lorient et Belle-île. Quelques belles maisons à encorbellement se sont bâties successivement tout le long du quai. L’arrivée du chemin de fer en 1862 ainsi que la création en 1865 d’une nouvelle voie d’accès à Auray isole le port et réduit ses échanges commerciaux.

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Vue sur la ville haute depuis le port de Saint-Goustan

Aujourd’hui, le port de Saint-Goustan est l’un des sites touristiques les plus fréquentés du Pays d’Auray et du Morbihan. La présence du célèbre lieu de pèlerinage catholique de Saint-Anne-d’Auray, commune voisine, n’y est pas étrangère.

Et comme dit le dicton :  « Mort ou vivant, à Sainte-Anne une fois doit aller tout Breton »

Agnès Quemper

Sources : Gallica, Archives du Morbihan, Le Télégramme.

Photo de couverture : Justine Le Mée

Vue panoramique du pont et du port de Saint Goustan : CC BY-SA 3.0 

Vue sur la ville haute depuis le port de Saint-Goustan : CC BY-SA 4.0

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2 réflexions sur “A comme Auray

  1. Merci beaucoup pour votre commentaire et votre soutien pour le Challenge. Oui, c’est une très jolie ville, j’aime beaucoup l’ambiance qui y règne, surtout l’été. A bientôt sur le blog.

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