Jeune recherche ses racines

J’ai 21 ans, et je me suis lancée dans un projet qui touche à la généalogie. Cela peut paraître bien étrange. Comment en suis-je arrivée là ? Pourquoi cet intérêt pour mes racines aussi jeune ?

Je suis née en Bretagne un beau jour d’août 1995, pour me retrouver ensuite en région parisienne. Depuis, je suis une sorte d’hybride. Je suis devenue parisienne,et j’aime ma vie à Paris, mais en même temps, je suis profondément attachée à ma région d’origine. La Bretagne me ressource, elle fait partie de moi d’une manière presque spirituelle. Je n’ai jamais voulu me catégoriser. À Paris, je suis Justine, LA bretonne. En Bretagne, je suis « la petite parisienne ». C’est drôle, ça rendrait presque bipolaire cette histoire !

doisneau
Bigoudène et Tour Eiffel. Robert Doisneau, 1950

Il se trouve que mes origines sont vraiment 100% pur beurre, ça ne fait aucun doute; cependant, il reste une grande part d’ombre sur certains de mes ancêtres. En effet, du côté paternel, la famille est un non-dit complet, un sujet inexistant. Du côté maternel, la généalogie avait déjà bien avancé, et je dois dire que ma mère m’a transmis le virus de cette discipline. Je crois que j’ai voulu, moi aussi, me lancer dans cette aventure pour savoir qui je suis, d’une certaine manière, en mettant des noms, voir des images, sur ceux qui sont responsables de mon existence ici-même.

Lorsqu’il arrive des coups durs, il arrive d’être en manque de repères, et de chercher à s’identifier quelque part. Il existe une citation qui dit : « Il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va ». Je ne sais pas qui en est l’auteur, mais je pense que c’est assez vrai. La généalogie possède un véritable atout thérapeutique. Il y a aussi quelque chose de vertigineux là-dedans; on se dit que c’est extraordinaire d’être là, aujourd’hui. Avec tous ces ancêtres, tous ces humains sur Terre, j’aurais pu ne pas exister, ou bien, j’aurais pu être carrément quelqu’un d’autre. Cette pensée me donne un véritable souffle positif. Je suis là, aujourd’hui ! Moi ! C’est extraordinaire, quand on y pense. Ça me fait penser que je suis ici dans un but précis.

J’ai souvent eu la phobie de la mort; et pourtant, partir à la rencontre de personne décédées ne m’a jamais angoissé, bien au contraire. Je crois même que ça m’a aidé à accepter ce destin inéluctable. En pensant à mes aïeux, je ressens plutôt une sorte de communion, un respect. Pour moi, cet aspect méditatif est plus rassurant qu’anxiogène. D’une manière générale, je pense qu’il y a déjà une sorte d’« idéalisation » du passé et des ancêtres, et chaque femme, chaque homme, chaque parcours de vie que l’on découvre devient extraordinaire. Ils sont tout simplement nos ancêtres, et c’est ça qui est formidable ! En sachant que cette personne a un rôle dans mon existence, cela crée une sorte de lien invisible, une proximité. On a également la sensation de rendre hommage à ces vies inconnues… J’ai notamment ressenti cela lorsque je suis tombée sur une photo de mon ancêtre Félicien Le Mée sur Internet, par hasard. Il avait fait la guerre 14-18, et faisait parti des très nombreux morts oubliés de cette boucherie.

La généalogie à tendance à souffrir d’une image démodée et poussiéreuse, trop axée sur le passé. Je pense que c’est très éloigné de ce qu’elle est réellement. A une ère où tout va très vite, on l’on a toujours la tête dans ce que l’on va faire plus tard, la généalogie est une manière de se poser, de prendre le temps, de se recentrer. C’est une introspection. Certes, c’est un bond dans le passé, mais qui est bel est bien ancré dans le présent, et qui peut même être un moyen d’avancer dans la vie. Cela n’a rien à voir avec les pensées passées qui peuvent parfois nous obséder, voire nous détruire.

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17 réflexions sur “Jeune recherche ses racines

  1. Bonnes recherches je te comprends tout a fait j ai commencé a l age de 12 ans pour connaitre mes origines paternelles qui chez moi aussi etaient plus ou moins cachées.
    Je n ai rien decouvert d extraordinaire mais chaque nouvel ancêtre identifié est une joie immense. Et quand je peux consulter moi même les actes retrouver leurs signatures et me dire qu ils ont touché le même papier ….
    Après plusieures années de sommeil je ressort mes notes et avance grâce aux actes en ligne.
    Belle route a toi.
    Hélène

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  2. c’est super une jeune qui s’intéresse à la généalogie, je suis une mamie qui depuis plus de 50 ans en a fait sa passion en cherchant aussi bien pour moi et pour les autres. Maintenant j’attaque celle de mon père très difficile car faite de secrets de famille. Je n’avais rien pour débuter et à force de persévérance chaque jour je tire un fil, je te conseille daller voir mon blog qui explique toutes ces difficultés. www://jeanetrenee.canalblog.com, l’expérience des uns sert toujours aux autres. Bonne continuation

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  3. J’ai commencé plus jeune que toi, et tu vas voir la généalogie t’apportera une richesse de compétences, et te fera découvrir une partie de toi que tu ne connais pas. J’ai eu comme Hélène une partie cachée du côté de mon père, et à force d’acharnement et de passion j’ai réussi à donner à mon père 2 mois avant sa mort l’origine de son grand-père maternel… Il te faudra faire preuve de patience quelquefois abandonné une branche pour aller dans une autre et quand tu grandiras tu reviendras sur celles que tu aura abandonné et tu avancera mieux. Ne perd jamais courage, et si tu as un souci, n’hésites pas en en parler sur ton blog ou sur des forums spécialisés. Bonne continuation

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  4. « Il se trouve que mes origines sont vraiment 100% pur beurre, ça ne fait aucun doute; »
    Hum ne croit pas çà
    je me croyais 75 % bretonne en faisant un calcul 100 % par ma mère et 50 % par mon père, mais en fin de compte par mon père j’ai quand même côté breton 5 départements (Manche, Mayenne, Indre, Allier et Meuse) des « étrangers » qui m’ont fait découvrir d’autres horizons…

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  5. Article très intéressant 😀 tout comme toi je suis un jeune de 23 ans pour qui la genealogie est une véritable passion depuis déjà 12 ans. Ça fait plaisir de voir que d’autres jeunes ont le même « virus » 😀 je te souhaite bon courage pour tes recherches.
    Bonne soirée. Samuel.

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  6. attention ! Quand on y met le doigt on y met tout le bras et ça prend du temps mais c’est tellement enrichissant ! J’ai commencé il y a plus de quarante ans : j’avais déjà deux filles et, grand malheur, un de mes frères a eu aussi une fille au grand désespoir de mon père qui disait que le nom étant rare et qu’il allait se perdre ; le dernier dont il avait entendu parler était un dompteur « bouffé par des lions  » en Angleterre. Depuis, même si le nom est rare, j’ai remonté la généalogie paternelle jusqu’en 1590, en Bretagne, patiemment avec « l’aide » de la Poste, du minitel, de la SNCF et, depuis quelques années, d’internet. J’ai eu la satisfaction, avant le décès de mon père, de lui montrer la photo du dompteur dans une cage aux tigres car j’avais rencontré sa veuve et son fils… Depuis, je continue inlassablement
    Bonnes recherches et ne pas hésiter à demander un coup de main !

    Aimé par 1 personne

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