Pirates des Armoriques

Saviez-vous que les Bretons étaient des corsaires hors pair? Non? Moi non plus ! Quand j’ai appris ça, j’ai décidé de mener l’enquête…

J’ai alors découvert des articles fort fournis, et de sacrés personnages… Et je soupçonne désormais Jack Sparrow d’avoir quelques origines malouines !

J’ai vu le nom de Surcouf, qui m’évoquait tout de même quelque chose…
Robert-Charles Surcouf est né à Saint-Malo, véritable cité corsaire, au 18ème siècle. Il est tout d’abord engagé à treize ans sur un navire, l’Aurore. Nommé capitaine à seulement vingt ans, il se lance dans la piraterie et attaque des navires britanniques. En 1796, il entre dans la légende en prenant d’assaut le Kent, un impressionnant navire. C’est le casse du siècle !
Il est considéré par les Britanniques comme un ennemi très dangereux. Napoléon lui proposera de prendre le commandement d’une escadre mais, peu intéressé par les activités militaires (monsieur préfère l’aventure !), il refusera.
Après toute cette activité, il se consacra au commerce et fit fortune jusqu’à la fin de sa vie, en 1827.

Je comprends mieux la célébrité et la réputation de cet homme !

Dans ma recherche des pirates bretons, je suis tombée sur Jeanne de Belleville, un nom qui m’a intrigué. J’me dis « Wow, une femme pirate, et au XIVème siècle en plus… Sacrée nana ! ».
Il se trouve qu’elle n’est pas née en Bretagne mais dans le Poitou; cependant, on la surnommait « la Tigresse bretonne », ou encore « la Lionne sanglante ». ça promet !
En fait, il s’agit d’une noble devenue corsaire par vengeance.

Elle fut mariée quatre fois, notamment à Olivier IV de Clisson, ce qui explique son lien avec l’histoire bretonne.
Au cours de la Guerre de Succession de Bretagne, celui-ci est accusé de félonie et condamné à une mort charmante par décapitation. Devant ce spectacle abominable, Jeanne est déchirée et jure alors de se venger…
Pour s’en prendre au roi, elle achète un bateau et déclare la guerre aux navires de commerce français. Cette vengeance lui vaudra ses redoutables surnoms !

La décapitation de son mec, par Loyset Liédet

Un jour, elle fait naufrage à Morlaix, et y perd un de ses fils. Elle se réfugie alors en Angleterre avec ses autres enfants, où elle épouse Walter Bentley, lieutenant du roi d’Angleterre et capitaine des troupes anglaises.
Elle décède en 1359, probablement en Angleterre.

De retour en Bretagne, voici maintenant un corsaire nommé Jean Coatanlem, et né au 15ème siècle à Morlaix.
Un corsaire? Ça tombe bien pour le roi Louis XI, qui vient tout juste de reconquérir la Normandie et qui a certainement encore soif de conquêtes… Il se dit que les pirates peuvent lui être bien utile ! Il en arme alors certains et les autorise à piller les navires anglais ou flamands dans la Manche. C’est donc tout naturellement qu’il prêta deux cents livres à Jean Coatanlem pour s’acheter une vieille nef espagnole, et la transformer en navire corsaire. Coatanlem s’enrichit alors rapidement…

Peut-être en recherche d’un peu de chaleur méditérranéenne, notre cher Jean se retrouva également au service du Portugal, où il fut surnommé « Gouverneur des mers ». Il était chargé par le roi Jean II de participer à l’expension maritime du pays. Il aurait donc mené plusieurs expéditions, et aurait protégé les navires portugais naviguant vers les comptoirs africains…

Cependant, malgré tout ce beau parcours, vous savez quoi? J’ai trouvé AUCUNE photo de ce gars !! Du coup, j’ai essayé d’imaginer à quoi il pouvait bien ressembler :


En réalité, on découvre que les carrières maritimes, c’est une véritable histoire de famille chez les Coatanlem… En effet, il se trouve que ce p’tit gars avait un neveu, Nicolas, qui était armateur et négociant, lui aussi à Morlaix… Et en 1500, la reine Anne de Bretagne lui demande carrément de construire un navire dont elle sera la marraine : la Cordelière, de son nom complet Marie-la-Cordelière. Et devinez quoi? Ce bateau se retrouvera entre les mains d’Hervé de Portzmorguer… un autre pirate breton de cette époque (tout est liéééé) !

Pour découvrir ce personnage, il faut partir plus à l’Ouest, à la pointe du Finistère.
Hervé de Portzmorguer (à tes souhaits !), dit « Primauguet », était un officier de marine issu de la petite noblesse bretonne.
Il fut d’abord chargé de protéger un convoi pour l’Espagne, affrété par le roi Louis XII. Soupçonné de piller les bateaux marchands étrangers, c’est là qu’il se retrouve accusé d’actes de piraterie ! Il devient alors un adversaire redouté…
Cette réputation arrive aux oreilles d’Anne de Bretagne, et c’est là qu’elle décide de lui confier le commandement de la Cordelière.


Ce navire sera impliqué dans de nombreux combats, jusqu’à sa dernière bataille, la bataille de Saint-Mathieu, en août 1512 : cette fois, les Anglais furent très nombreux et bien déterminés… Les tirs mirent le feu et firent littéralement exploser la Cordelière, qui emporta avec elles près de 2000 combattants bretons, dont le capitaine Hervé de Portzmorguer, laissant très peu de survivants.
On dit que toutes ces pertes humaines et matérielles affectèrent beaucoup Anne de Bretagne…
Le combat de la Cordelière, Pierre-Julien Gilbert
Conclusion : Les pirates, c’est pas très sympa, mais par moment, ça arrangeait bien les rois/reines !
 
Sources :

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