#ChallengeAZ : U comme… Une serial-killeuse bretonne

« Puisque je vais mourir, à quoi bon mentir…Oui, je suis coupable…Oui c’est moi qui ai commis tous les crimes qui me sont reprochés »…à quelques heures de monter sur l’échafaud, Hélène Jegado avoue son passé d’empoisonneuse; oui, entre 1833 et 1849, armée d’arsenic, elle a bien tué 26 personnes et tenté d’en tuer 8 autres. 
 
Derrière la domestique bretonne pieuse et dévouée, à l’âme sensible à qui l’on donnerait le bon dieu sans confession, se cache un monstre froid qui tue pour un regard lancé de travers, pour un reproche…Elle tue pour rien car elle hait pour rien !
 
L’arsenic, son arme pour tuer, est le poison à la mode qui selon le dosage permet une mort lente ou rapide selon la dose voulue; elle, elle le met dans sa fameuse soupe aux herbes…et ses malheureuses victimes n’y voient que du feu. Elle tue pour rester chez ses maîtres qu’elle vole, pour faire l’isolement autour d’elle, pour se débarrasser des autres domestiques dont la surveillance lui pèse, pour supprimer ceux qui l’ont à l’œil…parce qu’à chaque fois qu’elle passe dans une maison, soit tout ou partie de ses habitants trépasse…à force ça éveille des soupçons. Comble de l’hypocrisie et de la perversité, elle soigne ses victimes dans leur agonie avec des tendresses maternelles et les suit en larmes jusqu’au cimetière retournant même prier sur leur tombe.
 
Elle pleure en disant que la mort la poursuit, qu’elle n’a pas de chance…certains la plaignent mais beaucoup la craignent comme si elle transmettait une sorte de malédiction…on dit qu’elle a le « foie blanc », c’est à dire qu’elle a une haleine mortelle à respirer. Mais personne ne la soupçonne !
 
Orpheline recueillie par un curé, Hélène Jegado commence son macabre parcours de tueuse en série en 1833, dans un petit village du Finistère ou du Morbihan, tuant une famille de…7 personnes. Ayant anéanti la famille entière elle se retrouve sans travail et va pleurer auprès du maire du village qui, ému par son chagrin la prend à son service ! quelle mauvaise idée ! Lui, sa femme et sa fille meurent dans l’année. L’empoisonneuse a encore frappé ! 
 
 
 
Durant 17 années, jusqu’en 1849, elle continue à semer la mort partout où elle passe, de Pontivy à Lorient, dans les communes environnantes, jusqu’à atterrir à Rennes où elle est démasquée : en 1851, elle est domestique chez les époux « Bidard » à Rennes. Il y a 2 autres domestiques dans la maison, Rose et Rosalie. Mais quelques temps après l’arrivée d’Hélène, les 2 jeunes femmes sont prises de vomissements violents puis décèdent à quelques jours d’intervalle; 
Les symptômes et la simultanéité des 2 morts mettent la puce à l’oreille de 2 médecins, Messieurs Pinault et Baudouin qui font un rapport. Une autopsie est ordonnée, puis une enquête est ouverte. Résultat : Hélène Jegado est confondue et arrêtée; la série de ses crimes se dévoile à mesure que les langues se délient : 26 victimes et 8 tentatives d’empoisonnement…peut-être plus.  
 
Hélène Jegado est condamnée à mort par la cour d’assise de Rennes puis guillotinée en février 1852, non sans s’être vantée d’avoir fait encore d’autres victimes non connues…
 
 
Texte : Agnès Quemper
 
 
Sources : Gallica

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