#ChallengeAZ : Q comme…Quand la moutarde (celtique) nous monte au nez

 
Un personnage pas triste que cet Efflam Le Maout, pharmacien costarmoricain né à Plestin-Les-Grèves en 1764 (tiens encore un Efflam de Plestin !) et qui mit au point la « Moutarde celtique de santé » en 1802. Produit à la fois médical et gastronomique, sa moutarde connut un vif succès en France comme à l’étranger. Réputé pour son humour et sa bonne humeur, Efflam le Maout prit soin de rédiger lui même son épitaphe : « Ci-gît feu Efflam »





Un parcours original pour ce pharmacien de la marine, connu pour sa vivacité d’esprit et féru d’idées nouvelles, qui traduisit en Breton les “principes de la révolution”; il organisa aussi la production de salpêtre; Efflam Le Maout « monta » à Paris pour y donner libre cours à ses idées progressistes, mais aussi y étudier la pharmacie : en 1790, le Collège de pharmacie lui décerna à son concours public une première mention honorable. Il devient pharmacien dans la marine à Brest.

Il fut nommé en 1797 par le jury central d’instruction, professeur d’histoire naturelle à l’École centrale des Côtes-du-Nord, qui n’ouvrira qu’en 1799. Il comptera parmi ses élèves le frère du grand Laënnec.

Efflam Le Maout devient apothicaire et ouvre successivement une officine à Guingamp puis à Saint-Brieuc où il se fixe. Il commercialise sa moutarde mise au point en 1802, la “Moutarde celtique de santé”. Il en vend environ quinze mille pots par an. Il fait cultiver sa moutarde à Cesson et sur quelques paroisses du littoral de la baie de Saint-Brieuc, avant de la préparer dans son officine.

 

 
Sa moutarde rivalise avec la moutarde Maille. Son ami Théophile Laënnec, un être plein de fantaisie, lui fit de la publicité pour sa moutarde en composant même une chanson parue dans l’Epicurien en 1807 et dans la Muse Bretonne en 1809.
En voici un extrait :

 

 
La celèbre gastronome Grimod de la Reynière écrivit sur lui :
“ Maille est le Corneille de la moutarde, Bordin, le Racine et Le Maout, Le Crébillon” (auteur dramatique français).
Certains relèvent que dans Le Maout on retrouve les premières lettres du mot moutarde;  il était peut-être prédestiné à en fabriquer…
Quoi qu’il en soit le produit ne devait pas être mauvais puisqu’il fut exporté jusqu’en Russie, ce qui permit aux Le Maout d’arborer l’aigle tsariste sur leurs officines et sur leurs pots de moutarde.

Poursuivant ses recherches de naturaliste, Efflam se rendit sur la côte de Ploubazlanec, près de Paimpol, en 1812 où 70 dauphins s’étaient échoués. Il étudia les caractères de ces cétacés et baptisa orgueilleusement l’espèce « Dauphin le Maout ». Il envoya d’ailleurs un dauphin au « Museum d’histoire naturelle » de Paris.

Il s’éteint en 1852, ayant auparavant légué son officine briochine à son fils Charles-Marie-Ange en 1832 et cédé à la même époque son officine guigampaise au père du philosophe Théodule Ribot.
Il laisse une grande descendance dont deux fils scientifiques, Jean-Emmanuel docteur en médecine et Charles, précurseur de l’utilisation de la pluie artificielle.


Sources : 
http://gallica.bnf.fr
http://www.persee.fr
http://www.bretagne.com 
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