#ChallengeAZ : J comme…Jumeaux

Mon sosa n°18, Alain Le Hégarat, armateur de son état et devenu veuf en 1877, se remaria en secondes noces avec Marie-Angèle Le Roy qui lui donna plusieurs enfants dont des jumeaux, Alice et Paul nés le 21 septembre 1885 ; il est indiqué sept heures du soir pour Alice et huit heures du soir pour Paul.

Tout naturellement, l’armateur paimpolais baptisa une de ses goélettes « Alice et Paul ». A l’époque, la ville de Paimpol connaît sa période la plus riche entre le cabotage et la grande pêche à la morue en Islande. L’Alice et Paul participe à plusieurs campagnes de pêche en Islande qui durent de mai à Septembre ;
Et c’est lors d’une de ces campagnes en 1902qu’un incident est survenu à bord de la goëlette.
L’affaire Alice et Paul
En 1902 le navire « La Manche » stationné en baie de Faskrudfiord en Islande doit porter secours à l’équipage de l’Alice et Paul de Paimpol, victime d’un début d’incendie déclenché par l’imprudence du second qui a gardé une chandelle à la tête de son lit sur un “pigou” (chandelier rustique).
Le capitaine s’était absenté, étant allé rendre visite à son frère sur une goélette voisine ; l’officier de surveillance, le commandant De Kergrohen voulait à tout prix que le capitaine fut ivre alors que les témoins le voyaient seulement désemparé devant le désastre.
L’enseigne de vaisseau Cras fait un premier rapport à son commandant comme quoi « le capitaine et la presque totalité de l’équipage était ivre, affolé ». Mais son collègue l’enseigne Laisné, rapporteur auprès du Tribunal Maritime et Commercial n’abonde pas du tout dans le même sens. Non seulement il ne peut arracher d’aveu au capitaine comme l’aurait voulu le commandant De Kergrohen, mais douze matelots du bord, un capitaine au long cours voisin de mouillage et les quatre sous officiers visiteurs du navire stationnaire démentent l’ivresse du capitaine et nient qu’il ait des habitudes alcooliques.
 Néanmoins l’opinion de De Kergrohen est faite à cet égard car il subodore très facilement chez les capitaines « des cas d’ivresse légère mais incontestable … Il est bien difficile d’établir ce délit, parce qu’il y a des degrés dans l’ivresse et que, les marins surtout, ne l’avouent que lorsqu’elle est poussée au dernier degré ».
Faskrudsfjördur « le fjord des Français »
Ce fjord à l’embouchure de la rivière Faskrud en Islande est en effet connu pour avoir été un lieu où stationnaient les morutiers français qui venaient pour la plupart de Dunkerque ou de Paimpol.
Et les jumeaux ?
Paul devint armateur à son tour, se maria avec Marcelle Le Manchec à Kerity (22) en 1917 et disparu en mer à l’âge de 38 ans en 1923 ; Alice quand à elle épousa Felix Le Pouder en 1905. Je ne connais pas sa date de décès.
Texte : Agnès Quemper
Sources : Gallica. Persée « Chappé François. Paimpol (1880-1914) : Mythes et réalités. In: Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest. Tome 91, numéro 2, 1984. pp. 171-192. » Archives départementales des côtes d’armor.

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