Un métier disparu : Herboriste

Voilà, je vais laisser un peu mes ancêtres bretons pour vous parler d’un de mes ancêtres limougeaud Barthélémy Château (qui se faisait appeler Henri car il n’aimait pas son prénom. Il ne devait vraiment pas l’aimer parce que même sur sa carte de visite il avait fait imprimer « Henri »). Et puis cet article est aussi prétexte à évoquer un métier, celui d’herboriste.

Henri Chateau

Mon arrière grand-père du côté maternel, Bathélémy (dit Henri) Château né en 1900 à Boisseuil en Haute-Vienne, exerçait la belle profession d’Herboriste. Mon ancêtre limougeaud avait obtenu le diplôme d’herboriste de première classe à la faculté de médecine à Paris, dans les années 20.
Il avait tout d’abord exercé à Cachan(Val-de-Marne) dans l’herboristerie de son frère, Léon.
 
Puis Il avait officié jusqu’à la fin de sa vie dans une herboristerie au 5, rue du grand cerf à Meaux (Seine-et-Marne) où il s’était associé avec le pharmacien Pierre Barau. A la mort de monsieur Barau il avait repris l’affaire tout en envoyant un bon pécule chaque mois à la veuve de celui-ci, Georgette.
 
Il s’était marié à Victorine Nouhaud (Saint-Yrieix-la-Perche-1904/ Meaux-1969) en 1925. Ensemble ils eurent une fille unique, ma grand-mère, Ginette Château née en 1926.
Henri était aussi un passionné de photographie ; il vendait d’ailleurs des appareils photos dans sa boutique. 
 
Au décès d’Henri, victime d’un AVC dans son herboristerie à 67 ans, sa fille Ginette et son mari Maurice Le Conte (mes grands parents) reprirent la boutique en 1967; n’ayant pas le diplôme d’herboriste ils vendaient les plantes autorisées et surtout des parfums et des cosmétiques. Ils fermèrent boutique en 1972.
 
 
 
 
 

Le métier d’ Herboriste

Définition

Un herboriste est un professionnel qui, dans une officine, vend des plantes médicinales et des préparations à partir de plantes médicinales utilisées comme médicaments.

Historique

L’herboristerie, la médecine par les plantes est la plus ancienne médecine humaine, les plantes médicinales ayant été employées depuis la nuit des temps.
Dès les origines, l’homme a su puiser dans le monde végétal qui l’entourait des aliments, des remèdes et sans doute aussi des poisons.
 
Les plus anciens écrits mésopotamiens, égyptiens, indiens, chinois sur les plantes médicinales remontent à moins 3000, moins 4 000 ans avant l’époque actuelle. C’est dans le delta du Tibre et de l’Euphrate dans l’actuel Irak, région qui fait la jonction entre l’Asie et l’Europe, que l’on trouve les plus anciens documents écrits pouvant mentionner les plantes médicinales.
Le métier d’herboriste a été reconnu pour la première fois en France en janvier 1312sous le règne du roi Philippe Le Bel
La corporation d’herboristes a été reconnue au xve siècle
 
 
 
 
 
En Europe, à partir du moyen-âge trois corporations se différencient et sont souvent en lutte : les herbiers (dénomination médiévale) qui deviendront les herboristes, qui récoltent et vendent des plantes indigènes séchées (médecine la moins chère et disponibles pour tous à l’époque) ; les apothicaires (qui deviennent pharmaciens au xix ème siècle, avec une école nationale et une centralisation de l’organisation du métier ; ce sont alors les pharmaciens qui forment les herboristes qui sont tolérés, mais souvent critiqués par les pharmaciens) qui fabriquent et vendent des remèdes plus complexes et préparés à base de plantes, de minéraux et de substances animales ; et les médecins qui soignent souvent des personnes et des animaux et ont obtenu des monopoles sur le suif des chandelles, ou les poids et mesures). La médecine des simples est en partie inspirée de la médecine des signatures qui lie la santé aux équilibres de l’univers et sous-tend une prédétermination divine.
Le diplôme d’herboriste fut délivré par la faculté de médecine à partir de 1778 et en 1927 a été fondée l’École nationale d’herboristerie de Paris située rue du Temple à Paris.
L’herboriste pouvait détenir et vendre des plantes ou des parties de plantes médicinales, indigènes ou acclimatées, à l’exception des plantes inscrites sur les listes des substances vénéneuses. Les plantes ne devaient pas être mélangées entre elles.
 
 
 
 
En 1854, un décret distingue les herboristes de 1re classe qui ont obtenu un diplôme national dans une école supérieure de pharmacie, et les herboristes de 2de classe qui ont obtenu leur diplôme dans une école préparatoire de pharmacie et qui ne pourront exercer que dans le département où ils ont étudié. La profession d’herboriste est désormais encadrée et enseignée scientifiquement. Les étudiants suivent des cours de botanique, chimie, physique, anatomie, physiologie, physiologie, phytothérapie, diététique, botanique médicale, jurisprudence herboristique et déontologie du métier d’herboriste.




En 1916, une loi exigera une seule capacité professionnelle, celle de la première classe.

Plusieurs lois vont ensuite essayer de fixer un statut à la profession d’herboriste : en 1930, pour les assurances sociales, les herboristes sont compétents pour exécuter au même titre que les pharmaciens les ordonnances que leur présentent les assurés sociaux. En 1936, une loi sur le colportage en pharmacie-herboristerie reconnaît que « les herboristes peuvent vendre librement au poids médicinal les plantes mélangées ou non, dans un but médicinal ».
En France, la formation et le diplôme ont été supprimés en 1941, pendant le régime de Vichy dirigé par le maréchal Pétain, et n’ont pas été rétablis depuis. Les derniers diplômes d’herboriste ont été délivrés le 11 septembre 1941. Les herboristes diplômés avant cette date ont gardé le droit de continuer d’exercer toute leur vie durant .

L’herboristerie désormais domaine réservé aux

pharmaciens

Depuis cette loi, le monopole de la vente de plantes médicinales revient donc aux pharmaciens. Par « plantes médicinales », la pharmacopée (qui est le recueil officiel national des médicaments) entend des « drogues végétales qui possèdent des propriétés médicamenteuses ». Il y en a 339 en tout, validées par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Seuls les pharmaciens sont officiellement habilités à conseiller les clients sur les plantes à consommer et sous quelle forme (tisane ou poudre) pour soigner les troubles du quotidien.
Selon la loi L659 du Code de la santé publique, l’exercice de l’herboristerie est réservé aux pharmaciens titulaires d’un diplôme de faculté et aux derniers diplômés d’herboristerie qui ont pu continuer à exercer mais leur nombre a diminué au cours du temps et les pharmaciens sont restés les seuls à avoir le droit de vendre les plantes ne figurant pas dans la liste des 193 plantes en vente libre et les préparations.
 
 
 
 

L’avenir de l’herboristerie

Les herboristes existent et prospèrent au-delà de nos frontières. Au Royaume-Uni, en Suisse, en Allemagne et en Italie les herboristes sont libres d’exercer et de faire le commerce des plantes médicinales. La Belgique offre même des formations diplômantes en herboristerie.

En France

 

Texte : Agnès Quemper

Sources :

Gallica
Freepik
Archives personnelles

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